La Crèche Quai de la Charente : chapeau bas !

L’une des plus belles réussites du quartier, c’est clairement la Crèche Quai de la Charente. Présentation 1 an et demi après l’ouverture.

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Pour moi, tout a commencé par l’accueil fait par Hervé, le directeur de la crèche, quand j’y ai accompagné ma fille, qui faisait partie des tous premiers enfants admis dans l’établissement.

Hervé, on le dirait plutôt sorti d’un film de bikers, avec son bon 1m90 (au jugé, en tout cas) et son crâne rasé. Il nous a donc, dans une ambiance très bon enfant, présenté sa crèche, qui est un peu son bébé à lui.

D’abord, on dit ne pas crèche, mais multi-accueil, car il y a des enfants qui viennent à temps plein, d’autres à temps partiel, il y a une partie jardin d’enfants (de 3 à 6 ans), etc. Il y en a donc une place pour tout le monde, et en particulier pour des enfants porteurs de handicaps de toutes sortes, représentant environ 30% des effectifs. C’est pourquoi la crèche est ouverte à des enfants de tout Paris, et avec des horaires un peu décalées par rapport aux autres (8h-19h au lieu de 7h30-18h30, pour tenir compte des trajets plus longs que sont amenés à faire certains parents).

Les enfants sont donc répartis en 6 espaces, non pas par âge, mais par compétences, ce qui revient souvent au même, mais parfois pas. Et c’est ces “parfois” qui font toute la différence. L’établissement s’organise et s’adapte donc aux enfants et non pas l’inverse. Cette volonté, souvent revendiquée par les crèches, est rarement aussi accomplie que dans celle-ci (même en comparaison des autres crèches municipales du 19e arrondissement, qui se distinguent pourtant sur ce plan).

Les enfants, pourtant, ne restent pas dans leur section toute la journée. Non, ils se voient proposer — et dès que ça leur est possible, ils choisissent — diverses activités. Ils vont donc être amenés à aller dans tous les espaces, et donc à y croiser les enfants de toutes les sections. Les bébés sont évidemment plus protégés, en restant dans un premier temps dans leur espace, avant de petit à petit découvrir les autres lieux.

Parmi les activités, celles que ma fille préfère sont la peinture, le jardin et la pataugeoire. Oui, oui, il y a une pataugeoire. C’est une grande salle avec un bassin permettant aux enfants de barboter en toute tranquillité, et ils s’en donnent à cœur joie, vous imaginez. De façon générale, les locaux sont particulièrement agréables : grands, colorés, etc. Ils participent à la réussite de l’alchimie de cette crèche.

Une des choses que je trouve très agréables, c’est de n’être jamais jugé, ni culpabilisé par le personnel sur sa façon d’élever son enfant, comme cela peut parfois être le cas dans d’autres établissements. Il n’y a pas non plus de plages horaires pour les arrivées et les départs. On amène et on vient chercher nos enfants quand on veut ou peut, dans les heures d’ouverture (enfin, si on peut éviter les moments de repas et de sieste, c’est quand même mieux !). Encore une fois, c’est la crèche qui s’adapte aux enfants, et aussi à leurs parents, pas l’inverse.

Au final, je serais incapable, à part quelques cas évidents, de dire quels enfants sont porteurs de handicaps ou non. On touche là la plus belle preuve que le projet d’intégration a réussi.

Et puis, il faut que je vous parle des fêtes de la crèche (à Noël et en fin d’année) : tables remplies de pâtisseries, fontaines à chocolat pour des fondues avec des fruits ou des bonbons, machine à barbe à papa, chansons, ateliers et jeux pour les enfants, etc. Ça a l’air de rien, mais quelle ambiance ! La preuve ? la grande majorité des parents restent deux ou trois heures, ce qui est assez rare pour une fête de crèche, non ?

Résultat, ma fille, comme beaucoup d’autres enfants, est souvent ravie d’aller à la crèche le matin ! Elle l’a même réclamé certains week-ends…

Les secrets de cette réussite ? Il y en a pas mille : l’effectif et la motivation de l’équipe et bien sûr leur projet pédagogique. Par le fait d’accueillir des enfants porteurs de handicaps, il y a plus de personnel que dans d’autres établissements. Et tous les enfants en profitent ! Il n’y a pas de miracle…

Mais le projet pédagogique, ainsi que l’enthousiasme de Hervé et de son équipe jouent beaucoup. Plusieurs auxiliaires qui travaillaient avec Hervé dans son établissement précédent l’ont suivi dans cette nouvelle aventure, ce qui en dit long.

Souhaitons que d’autres établissements comme celui-ci ouvrent dans Paris et le reste de la France, et que d’autres enfants et parents en profitent. Bonne nouvelle, la Ville de Paris a des projets en cours de réalisation.

De son côté, Hervé ne va pas s’arrêter là : comme il veut toujours faire mieux, dans le cadre d’un projet de l’Union Européenne, il a été sélectionné pour aller voir comment ça se passe à Bruxelles, ville pionnière pour l’accueil des handicaps. Il va revenir avec plein de nouvelles idées…

Bon, comme c’est l’heure d’aller chercher ma fille, il ne me reste plus qu’à dire merci à Hervé et à toute son équipe (dont Jojo, le poisson rouge). Continuez comme ça ! Bravo !

5 Comments

  1. Grégory

    Dans le même esprit, il faudrait faire un article sur les écoles du boulevard.
    Je suis rentré dans celle du 118 et elle est dans le même style que la crêche avec des couleurs flashies!
    Au fait ,comment as-tu fait pour avoir une place?

    1. Thomas

      Pour les écoles, je suis moins enthousiaste : les couloirs et salles ont l’air pas mal, mais il faudrait en discuter avec les enseignants pour avoir leurs avis. Par contre, la cour tout en béton est terriblement triste, surtout pour une école récente dans un “éco-quartier” ! Où est la verdure ? Les enfants sont enfermés dans une boîte en verre (il faut dire que l’école est tout près du périphérique !!!!). De plus les grandes vitres en verre en question se brisent une à une… Non, je ne trouve pas que l’école du 118 soit une réussite architecturalement parlant…
      Pour la place en crèche, par la voie officielle, avec un dossier et quelques lettres adressées aux élus. Le 19e arrondissement est quand même le coin de Paris où quasiment tous les enfants dont au moins 1 parent travaille a une place.

      1. Grégory

        Je dois la visiter le 13 juin, mais l’ayant vue en partie, je la trouve pas si mal, surtout si tu compares avec celle déjà existante , rue Émile Bollaert…
        Extérieurement, elle va assez bien avec les bureaux, ensuite pour la décoration florale cela viendra peut-être avec le temps.
        Pour la crèche, je ne savais pas que le 19 ème disposait d’assez de places en crèche pour tout le monde. Je viens du 15 ème et la-bas, sans connaitre le maire c’est impossible.

  2. Léa

    Merci pour ce blog très utile pour les nouveaux arrivants !
    J’étais à la recherche d’infos sur l’école du 118 boulevard Macdonald : j’ai compris que les avis sur son architecture étaient partagés, mais qu’en est-il de sa réputation (profs, élèves, directeur…) ?
    J’hésite à changer mes enfants d’école pour le reste de l’année… (je viens du 9eme)

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