M. Dagnaud répond sur les commerces de l’entrepôt Macdonald

Suite à mon article sur les futurs commerces de l’entrepôt Macdonald (que je vous conseille de lire avant de continuer), M. Dagnaud a répondu à deux questions.

francois-dagnaud

Avoir donné la concession des espaces commerciaux de l’entrepôt Macdonald à la société Altarea Cogedim, sans vraisemblablement qu’ils aient obligation de réserver certains locaux à des commerces de proximité, gêne fortement la venue de tels commerces, qui manquent pourtant et qui sont déjà difficiles à attirer dans un quartier récent. En effet, Altarea Cogedim demande des loyers importants et a logiquement privilégié des grandes chaînes comme Leclerc, à qui ils ont notamment laissé l’exclusivité sur la partie boulangerie et boucherie. Comment justifiez-vous ce choix ?

Commercialiser 32 000 m2 de commerces ne fait pas partie du savoir-faire d’une mairie ou d’un aménageur public. Dans un contexte économique maussade où chacun sait qu’on ne s’arrache pas les surfaces de commerce, surtout dans un quartier encore en devenir, le choix a été fait il y a quelques années de confier la commercialisation des commerces à une société commune Caisse des dépôts/Altaréa, créée à cet effet. C’est leur métier et ils ont dû se battre pour arracher des signatures d’investisseurs. Nous ne sommes pas dans un système de commerce administré où l’on choisirait les commerces comme on ouvre un bureau de poste ! En tant que Maire, j’aurais adoré proposer aux habitants actuels et futurs de choisir eux-mêmes sur un menu leurs commerces préférés, mais cela n’existe nulle part.
On rêve tous comme « Amélie Poulain » de petits commerces « sympas » « de proximité » « à l’ancienne », mais les parisiens le savent bien : ils font très majoritairement leurs courses dans des supérettes ou des grandes surfaces, parce que c’est moins cher. Les premiers commerces de proximité ouverts à Claude Bernard en ont d’ailleurs beaucoup souffert ! Il faut un gros potentiel de clientèle et de chiffre d‘affaires pour faire tourner un commerce de proximité, car les prix y sont beaucoup plus chers ! Des petits commerces « à l’ancienne »  viendront s’ils sont sûrs de gagner leur vie mais on trouvera tout ce qu’il faut dans le quartier, avec des produits de qualité et à des prix raisonnables.

Une des solutions pour pallier à ce manque de commerces de proximité serait l’installation d’un marché, projet qui a déjà été évoqué et est fortement demandé par les habitants. Où en est ce projet ? Quel est le calendrier des étapes à venir pour l’implantation d’un marché ?

Le Conseil de quartier travaille sur le projet d’un marché alimentaire découvert, qui pourrait répondre aussi aux attentes anciennes des habitants de Charles Hermite côté 18e. j’y suis favorable. Mais le marché suivra l’arrivée des nouveaux habitants, il ne les précédera pas. Bien sûr, le plus tôt sera le mieux et je porterai cette perspective dès le prochain renouvellement des concessions des marchés parisiens.


Je remercie M. Dagnaud pour ses réponses, détaillant mieux la logique derrière le choix qui a été fait. Cela dit, je maintiens qu’il y aurait eu moyen de faciliter l’installation de commerces de proximité, en leur réservant certains locaux, quitte à attendre un peu pour qu’ils s’implantent. Désormais, même si d’ici quelques temps, des commerçants souhaitent venir, ce leur sera difficile au vu des loyers demandés par Altarea. Avec quelques locaux “protégés”, on aurait pu aider leur future venue.

Mais de toute façon, c’est fait, il n’y a pas d’obligations de réserver certains locaux dans la concession des espaces commerciaux. Vu qu’on ne reviendra pas en arrière sur ce point, je ne vois pas comment en l’état “on trouvera tout ce qu’il faut dans le quartier, avec des produits de qualité et à des prix raisonnables“. On se dirige droit vers une offre alimentaire quasi-exclusivement composée de supermarchés.

Le marché me semble toujours la meilleure piste pour tenter de rééquilibrer un peu. J’apprécie donc que M. Dagnaud s’engage à soutenir ce projet, même s’il ne donne pas de calendrier précis (pour commencer : quand aura lieu le prochain renouvellement des concessions des marchés parisiens ?). On va donc suivre cela avec intérêt.

8 Comments

  1. Grégory

    Bonjour,

    Je ne suis pas d’accord avec François Dagnaud concernant son constat sur les petits-commerces dans Paris.
    Les petits commerces ne sont pas que dans le film Amélie Poulin!
    S’est-t’il promené du coté de la rue Lecourbe, de la rue de Sèvres ou même de la rue des Martyrs ?
    Dans ces rues, nous trouvons des petits-commerces qui marchent car ils proposent des services de qualité.
    Ils sont un parfait complément aux supermarchés, car il fournissent des produits artisanaux (à comparer aux pains au chocolat Carrefour).
    Je crois même que le future est dans un retour aux services de proximité et non aux grands malls à l’américaine.
    Il suffit de voir le boom du commerce bio dans Paris.
    Quant aux problèmes des commerces déjà présent sur le boulevard, si la boulangerie faisait du pain traditionnel, elle serait pleine comme celle se trouvant prés du métro Corentin Cariou.
    Encore ne faut-il pas exiger un loyer trop élevé!

    Cordialement

    1. L’exemple donné des rues commerçantes aux commerces qui marchent est encore vrai mais avec des loyers qui courent et qui grimpent de plus en plus ;
      Une petite boutique rue des Martyrs peu se louer 5000 € par mois.
      Je ne suis pas certain qu’il soit souhaitable de copier ce ” modèle”
      Pensons à la mésaventure de notre ” libraire ” Ex Presse; Ex Loto; Ex PMU mais surtout
      Ex ténué, beaucoup ici regrette qu’il n’y ait plus de journaux mais alors pourquoi en vendait-il que 3 ou 5 par jour ?

  2. Florent

    Il ne faudrait pas penser le commerce qu’à l’aune de l’entrepôt et du pied de son immeuble.
    D’abord, des espaces, plus petits et surement moins chers, seront disponibles sur le boulevard côté quai de la Charente, les commerces actuels du côté pair du boulevard évolueront peut-être, tout comme ceux en pied d’immeubles sur la rue d’Aubervilliers et à Charles-Hermite. Désenclavement et aménagements doivent aussi permettre de faciliter l’ouverture du boulevard sur d’autres voies. Avec Lalauze à Corentin-Cariou et les boucheries de la rue de Crimée, je ne crois pas qu’on manquera de choix dans ce domaine par ex.
    Donc si la Cogedim demande des loyers très supérieurs à ce qui se pratique à proximité, elle n’arrivera pas à remplir ses magasins, au profit des rues proches ou du Millénaire. Tout ne sera jamais au pied de nos immeubles, mais la diversité existe dans le quartier (dans une zone de 15 minutes à pied) et elle se renforcera surement : magasins bio, boulangeries artisanales, métiers de bouches, même avec les loyers de la rue des Martyrs, n’ont pas besoin d’aides quand il y a la clientèle.
    La population du secteur est aussi très diversifiée, avec une des plus fortes poches de pauvreté de Paris , ce qui ne permet pas de pratiquer les mêmes prix que rue de Sèvres. Il ne faudrait pas non plus qu’une segmentation commerciale se crée sur le même trottoir entre classes aisée et pauvre, ce qui suppose aussi (surtout ?) une éducation à la consommation et à l’alimentation.

  3. Claude

    Avec Carrefour, Leclerc, etc., on trouvera tout ce qu’il faut dans le quartier, avec des produits de qualité (marques nationales et autres) à des prix raisonnables, et même du bio, du halal et du casher.
    Il y a beaucoup de +/-pauvres dans le quartier (HLM cité Michelet et bd Macdonald), et pas assez de riches bobos pour faire vivre des commerces de proximité de qualité comme rues Lecourbe, de Sèvres ou des Martyrs. Sans parler des supermarchés sur internet, qui livrent à domicile et prennent des clients aux supermarchés traditionnels.
    Lors de la réunion de présentation sur le futur de l’entrepôt Macdonald, la représentante de cogedim a dit qu’elle avait essayé de faire venir une enseigne bio (naturalia, bio c’est bon ou autre), sans succès.

  4. Grégory

    Le problème n’est pas de “trouver tout ce qu’il faut” mais plutôt d’arrêter de favoriser la grande distribution au dépend des petits commerces.
    Si un coup de pouce financier était donné dans ce sens, je pense que des petits commerces vivraient sans problème.
    Le but premier de la rénovation quartier était justement d’attirer “les bobos” afin de sortir le quartier de la pauvreté.
    La création des copropriétés mixtes avec une partie dédiée aux logements sociaux et une autre aux propriétaires a été faite en ce sens.
    De plus, il ne me semble pas que les 4000 salariés de la BNP ait un pouvoir d’achat qui s’arrête à Leclerc ou Carrefour.
    Si le quartier se résume juste à des centres commerciaux vides, je ne crois pas qu’on ira dans le bon sens et les propriétaires qui auront investis dans l’achat d’appartement quitteront à la longue la zone pour des quartiers plus dynamiques.

  5. Ilhan

    Oui enfin les petits commerces de proximité parlons en.
    Ce n’est pas toujours la panacée.

    La ou j’habitais avant dans le quartier Danube (paris 19 aussi) la qualité des boulangeries du quartier s’est dégradée à un tel point que nous en arrivions à aller prendre du pain à la superette du coin. D’ailleurs dans ces boulangeries leur pains sont livrés le matin prêt à cuire, et ce, malgré leurs écriteaux “Artisan Boulanger”. Industriel donc.
    Je ne parle pas des boucheries qui ne valent pas tripette (hygiène douteuse) ou alors aux prix carrément prohibitifs pour celles qui tiennent la route.
    Des cafés aux allures de PMU miteux a part un ou deux qui sauvent la mise.
    Bref…. commerces de proximités oui, mais pas n’importe quoi.

    Les commerces de proximités ne pourront s’implanter qu’une fois le quartier “vivant”. C’est à dire complétement habités, sans travaux, la gare RER ouverte, avec de grands commerces implantés qui draineront du monde.
    Une fois la clientèle en place, les petits commerces oseront investir dans le quartier, pas avant. On en a malheureusement encore pour une bonne année je pense.

    Après en voyant le résultat de ce type de nouveaux quartiers par exemple sur la place de la mairie de Montreuil, je suis assez confiant. On verra bien.

  6. Fabien

    Il suffit de ne pas se contenter de mots mais d’actes pour savoir que le choix des commerces est possible, y compris et surtout pour une Mairie.
    Il suffit de se promener dans les rues de Vincennes pour le constater (les chaînes nationales le déserte au profit de commerces de proximité…), de suivre l’action de la mairie de Saint Denis qui bloque toute reconversion de coiffeur affro en kebab ou Taxiphone (les commerces choisis sont interchangeables…).
    Bref.
    Il suffit de faire de la politique, et non de la politique politicienne.
    Toutes les SEM choisissent leurs commerces, à Boulogne, à Clichy Batignolles, à Paris Rive Gauche….
    Il suffit juste d’un peu de volonté, de patience, de conviction.
    Macdonald + Vill’Up + le Millenaire dans un rayon de 500m… Il faudrait être totalement idiot pour ne pas voir la déroute annoncée.
    Le Décathlon du Stade de France (15 min en bus) n’a t’il pas d’ailleurs laissé vacant l’un de ses trois niveaux de surface commerciale ?
    Un MacDonald à Macdonald cela fait sens ! Mais n’y en a t’il pas un à 5 min à pied ? Un Burger King au Millenaire, soit, mais n’y en a t’il pas un à la Vilette ?
    Et une Fnac dans tout ca ? Ah non, elle a fermé au Millenaire.
    Espérons que “MacDo” ne se transforme pas à son tour en “tout à deux euros”, “Teleshopping”, “Tati”…
    Bon, avec + de 60% de logements sociaux, il est évident qu’implanter un traiteur, un boucher, un fleuriste, dans 32000m2 de commerces cela n’aurait pas de sens…
    Oui, des choix…. Il fallait en faire. Mais avant.

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